|
"L’écrivain se remet à l’œuvre. Pourquoi ne cesse-t-il pas d’écrire ? Pourquoi, s’il rompt avec l’œuvre, comme Rimbaud, cette rupture nous frappe-t-elle comme une impossibilité mystérieuse ? A-t-il seulement le désir d’un ouvrage parfait, et s’il ne cesse pas d’y travailler, est-ce seulement parce que la perfection n’est jamais assez parfaite ? Écrit-il même en vue d’une œuvre ? S’en soucie-t-il comme de ce qui mettrait fin à sa tâche, comme du but qui mérite tant d’efforts ? Nullement. Et l’œuvre n’est jamais ce en vue de quoi l’on peut écrire (en vue de quoi l’on se rapporterait à ce qui s’écrit comme à l’exercice d’un pouvoir).
Que la tâche de l’écrivain prenne fin avec sa vie, c’est ce qui dissimule que, par cette tâche, sa vie glisse au malheur de l’infini."
Agacement d’Oriane (feutre noir) : Blanchot a le sens de la formule, c’est un fait indéniable, mais il est de cette école qui accorde plus d’importance aux formules qui frappent qu’à ce qu’elles transportent réellement. Je n’ai jamais compris Blanchot ou, lorsque le comprend, je ne trouve en ses textes que des banalités. peut-être suis-je stupide… peut-être pas, l’admiration béate de certains mériterait parfois des baffes. Cette conception de l’écrivain, qui se veut moderne, est en fait des plus romantiques : la malédiction de l’écriture envoyée par les dieux. Rien qui m’intéresse.
|